I sat down separately with Jingyan and Stella, Writing Facilitators who work together leading the workshop for the Chinese writing team.

Stella and Jingyan

Jingyan Qi & Stella Xie

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English version

Jingyan is a designer for an interior design firm in Shanghai, with an interest in design interaction, understanding the relationship between humans, their environment, and the objects they use. Stella is a staff writer with the Wall Street Journal, covering the Chinese market. Previously she worked with NPR, and has served as a research assistant for the anthropological study of China, Street of Eternal Happiness, published with Crown Random House earlier this year. We discussed their experiences leading the group of writers and what the workshops have taught them.

JM: How have the writing workshops been so far?

JINGYAN: In the workshop, we don’t judge each other on our writing skill, but focus more on how we come to a perspective, or how we describe a person. We focus on mutually inspiring each other. Even me myself, I don’t do too much writing. Just being sincere about how I look at a character. As long as you encourage each other to be open and to write, then it will all be good in the end.

STELLA: The writing group is exciting. As expected, writing is the most enjoyable part. Everyone is concentrating and very focused. It’s not easy to focus on something these days, with social media, WeChat, etc. Nowadays there are very few real interactions between people. WeChat moments are fake. They are not real communication. Part of what made the interview process so interesting was that they provided a valuable opportunity for authentic interaction. And that everyone could be a citizen journalist in a way. In our writing group, we are not distracted, we are focused on our mission. We rarely look at our phones.

H et F écrivant (1)

 

JM: How do you transform interviews into snapshots?

JINGYAN: I think naturally everyone brought in their own experiences when creating a character – everyone writes a snapshot based on the same interview/quote, and then everyone takes their own perspective. This is very interesting. Obviously everyone just brings in their own reflection, their own experience, what they’ve encountered before in relation to the quote or story. In that way you make it very unique to yourself, share it with others. One quote has the potential to develop into many possibilities. When you know more about the group – you can start to see that it has to be this person who has to write this snapshot. When we read it out loud, the process enhances creativity.

STELLA: Everyone sees different things in the reports. It’s a great way to know about ourselves and about others.

JM: Have you had any personal insights from the project?

JINGYAN: It’s made me think about how different characters are created – what made me become the character of me? Why in the end did I become like this? And also, how does a person become the way she is, out of so many possibilities. Afterwards, I became more conscious of the differences between people, and try to understand why there is this difference.

STELLA: People are willing to open up if they are asked questions. Through the 99 project, I’ve made some really strong connections. Through the interview and the workshop, probably I know more about some of these people than some friends I’ve known for a long time.

JM: Do you worry about how the next phase of editors will transform your hard work?

JINGYAN: I don’t think I worry about it. I think somehow in the end it will be taken good care of by people who really make effort to be involved in the creative process. It’s like making a big stew – put different material in it, and cook it.

STELLA: It’s a brave project, on a large scale. In the end, the most valuable aspect is the process of being engaged, not the product.

 


Version française

Je me suis assise à l’écart avec Jingyan et Stella, les animateurs d’ateliers d’écriture en chinois. Jingyan est une décoratrice d’intérieur pour une entreprise de design basée à Shanghai. Elle porte un intérêt particulier aux interactions dans le design, cherchant à comprendre la relation entre les humains, leur environnement et les objets qu’ils utilisent. Stella écrit pour le Wall Street Journal et couvre le marché chinois. Auparavant, elle a travaillé pour le NPR en tant qu’assistante de recherche pour une étude anthropologique de la Chine. Street of Eternal Happiness a été publié avec le Crow Random House au début de cette année. Nous avons discuté de leur expérience de guide des groupes d’écrivains et ce que les ateliers leur ont appris.

JM : Jusqu’à présent, comment se sont passés les ateliers d’écriture ?

Jingyan : dans cet atelier nous ne nous jugeons pas sur nos capacités d’écriture, mais nous nous concentrons surtout sur la manière d’arriver à une perspective ou sur la manière dont nous décrivons une personne. Nous nous concentrons sur la manière de s’inspirer les uns les autres. Même moi je n’écris pas tellement. Il s’agit juste d’être sincère sur la façon dont j’observe un personnage. Aussi longtemps que vous vous encouragez les uns les autres à être ouvert et à écrire, le résultat sera bon.

Stella : le groupe d’écriture est passionnant. Comme prévu, écrire est la partie la plus intéressante. Chacun se concentre. A l’heure actuelle il n’est pas facile de se concentrer avec les médias sociaux, Wechat, etc. Aujourd’hui il y a peu d’interactions réelles entre les gens. Les moments Wechat sont faux. Il n’y a pas de réelle communication. Ce qui rend le processus d’interview tellement intéressant c’est que cela rend possible d’authentiques interactions. Et que chacun peut être un journaliste dans un certain sens. Dans notre groupe d’écriture, nous ne sommes pas distraits, nous sommes concentrés. Nous regardons rarement nos téléphones.

H et F écrivant (1)

JM : Comment transformez-vous les interviews en fragments ?

Jingyan : Je pense que, naturellement, chacun va apporter sa propre expérience lors de la création d’un personnage – chacun écrit un fragment extrait de la même interview et puis chaque membre adopte sa propre perspective. C’est très intéressant. Manifestement, chaque personne insère sa propre réflexion, son expérience, ce qu’il a vécu auparavant en relation avec l’extrait choisi ou l’histoire. En ce sens, vous le rendez très personnel, puis vous le partagez avec les autres. Un extrait peut ainsi se développer en plusieurs possibilités. Quand vous commencez à mieux connaître le groupe, vous devinez rapidement qui a pu écrire tel ou tel fragment. Quand on le lit ensemble à haute voix, le processus fait grandir la créativité.

Stella : Chacun voit des choses différentes dans le rapport. C’est une bonne façon d’en savoir plus sur soi-même et sur les autres.

JM : Qu’est-ce que cet atelier vous a apporté jusqu’à présent d’un point de vue personnel ?

Jingyan : cela me fait penser à la manière dont les différents personnages sont créés – Qu’est ce qui chez moi va me faire devenir mon personnage ? Pourquoi à la fin je deviens comme cela ? Mais également comment une personne devient ce qu’elle est, entre toutes les possibilités. Au final, je deviens davantage consciente de la différence entre les gens et j’essaie de comprendre pourquoi une telle différence existe.

Stella : les gens sont d’accord de s’ouvrir si on leur pose des questions. A travers le projet 99, j’ai construit de solides relations. A travers l’interview et l’atelier, j’en sais davantage sur ces personnes que sur certains de mes amis.

JM : êtes-vous préoccupée par la phase suivante et la façon dont les éditeurs vont transformer votre travail ?

Jingyan : Je ne pense pas être inquiète. Je pense que d’une façon ou d’une autre, à la fin, un beau retour sera apporté aux personnes qui ont fait l’effort de s’impliquer dans ce processus créatif. C’est comme faire un ragoût/plat mijoté – mettez différents ingrédients dedans et cuisinez.

Stella : C’est un projet courageux, à grande échelle. A la fin, l’aspect le plus important sera le processus d’engagement, pas le produit.

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