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Une pièce de théâtre inspirée par les récits des travailleurs de l’industrie du parfum à Grasse

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A play inspired by the life stories from the workers of the Fragrance Industry of Grasse

Origine du projet

Origins of the project

It all began in Grasse….

In October  2018, I met a historian from the city of Grasse who mentionned the extended knowledge of scented materials that the inhabitants of the Region gained and passed on over the years. Indeed, the region of Grasse is dedicated to fragrances since Catherine de Medici reign and generations of Grasse residents have been cultivating, processing and composing scented materials since the 16th century. The unique ability of Grasse residents to smell and remember fragrances seemed to me a powerful approach to make the portrait of their community. By a happy coincidence, the skills related to fragances in Pays de Grasse was declared Intangible Cultural Heritage once month later (November 2018) and it reinforced my intuition.

I then met the team of the International Museum of Perfumery of Grasse (IMP) and explained the concept of the 99 project and the application I intended to launch in Grasse. The Museum had an abundant documentary fund including records of ethnographic interviews conducted in 2004 with former employees of the Perfumery. The idea of ​​99 Perfumes was launched….

 

At the heart of the “Living labour”

I received the audio files of the interviews in July 2019 and listened to 140 hour of testimonies to write the first version of  “99 perfumes”, a play with 99 characters inspired by the stories of pickers, chemists, accountants, brokers, boilermakers, electricians, managers or perfumers of Grasse. I sought to capture not the volatile essence of perfume, but the reality of the work exprience and to draw a sincere and sensitive portrait of a community by little touches made of individual and shared stories, at times ordinary, amazing, funny or touching.

This is the first time that I apply the 99 device to  the reality of work and according to my first readers, it’s exciting! I realized how deep the experience of work was. Indeed, work occupies a central position in the definition of one’s identity: it creates a sense of social utility, provides a sense of recognition and even accomplishment or causes a lot of suffering. But it is critical as well to shape social relationships. Because what happens in the workplace – oppression or emancipation – happens as well in society.

With the new play “99 perfumes”, I’d like to share the experience of work of these employees that is the part of themselves that they engage, the intelligence that they add to the prescriptions, the intimate familiarization with the reality of a task, the obstinate confrontation of the body with the tools, technical objects and rules, the interpersonal relationships that frame their job ….so that “it works”,

Tout commence à Grasse en 2018

In Octobre 2018, j’ai rencontré un peu par hasard Gabriel Benalloul, historien de la ville de Grasse qui m’a parlé de la connaissance approfondie des matières parfumées que les habitants de la région ont acquise et transmise au fil du temps. Cette région de France en effet est dédiée aux parfums depuis le règne de Catherine de Médicis et des générations de Grassois ont cultivé et travaillé les matériaux parfumés depuis le XVIe siècle. La capacité unique des habitants à sentir et à mémoriser les parfums m’a semblé un trait puissant pour dessiner le portrait de leur communauté. Par une heureuse coïncidence, les savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse ont été déclarées patrimoine culturel immatériel par l’Unesco un mois plus tard, en novembre 2018, renforçant ainsi mon intuition première.

J’ai ensuite rencontré Christine Saillard et l’équipe du Musée international de la parfumerie de Grasse (MIP) pour leur expliquer le concept du projet 99 et ses applications. Le Musée disposait d’un fonds documentaire abondant comprenant notamment des enregistrements d’entretiens ethnographiques menés par Fanny Marchois en 2004 auprès d’anciens employés de la parfumerie … L’idée de 99 parfums était lancée…

 

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Au coeur du «travail vivant»

J’ai reçu les fichiers audio des interviews en juillet 2019 et écouté les 140h de témoignages pour écrire la première version de «99 parfums», une pièce de théâtre de 99 personnages inspirée par les histoires de cueilleurs, de chimistes, de comptables, de courtiers, de chaudronniers, d’électriciens, de gestionnaires ou de parfumeurs de Grasse. J’ai cherché à saisir non pas l’essence volatile du parfum mais la réalité du travail et à dessiner le portrait sincère et sensible d’une communauté au travers d’histoires singulières et partagées, ordinaires, étonnantes, drôles et touchantes à la fois.

C’est la première fois que j’applique le dispositif 99 à la réalité du travail et d’après mes premiers lecteurs, c’est passionnant ! J’ai réalisé à quel point l’expérience du travail était dense et profonde. En effet, le travail occupe une place centrale dans la définition de l’identité : il procure un sentiment d’utilité sociale, de reconnaissance et même d’accomplissement ou cause de nombreuses souffrances. Mais le travail est également essentiel pour façonner les relations sociales. Car ce qui se passe sur le lieu de travail – l’oppression comme l’émancipation – se produit également dans la société.

Avec la nouvelle pièce 99 parfums, je voudrais partager l’expérience de travail de ces travailleurs de la parfumerie, c’est-à-dire la part d’eux-mêmes qu’ils engagent, l’intelligence qu’ils déploient au delà des prescriptions, l’intimité et la familiarité qu’ils entretiennent avec la réalité des tâches, la confrontation obstinée du corps avec les outils, les objets techniques et les règles mais aussi les relations interpersonnelles qui encadrent leur travail… bref tout ce qu’il faut pour que “ça fonctionne”.

 

Photographer : Alain Sabatier

Copyright © 1981 Alain Sabatier. All Rights Reserved.

For the past fifty years, Alain Sabatier has explored photography from a very particular perspective: that of the painter. Born in 1945 in Grasse, he thought from the age of 13 to move towards painting. In college, he was encouraged in this direction by his teacher, the painter Georges Bard. However, it was towards color photography that he began working in 1959. This approach was quite rare at a time when most photographers were starting out with black and white.

In the mid-1970s, Alain Sabatier was drawn to ethnology, history and heritage. To exercise this documentary perspective in situ, he settled in Grasse where he undertook a personal photographic work in black and white: Grasse and perfumery, capturing the moment of change.

Depuis une cinquantaine d’années, Alain Sabatier explore l’image photographique à partir d’un regard très particulier : celui du peintre.
Né en 1945 à Grasse, il pense dès l’âge de 13 ans se diriger vers la peinture. Au collège, il est encouragé dans cette voie par son professeur, le peintre Georges Bard. Cependant, c’est vers la photographie en couleur qu’il s’engage à partir de 1959. Cette démarche est assez rare à une époque où la plupart des photographes débutaient avec le noir et blanc.

Dans le milieu des années 1970, Alain Sabatier est attiré par l’ethnologie, l’histoire et le patrimoine. Pour exercer in situ ce regard documentaire, il s’établit à Grasse où il entreprend un travail photographique personnel en noir et blanc : Grasse et la parfumerie, capter l’instant du changement.